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Ressource technique

Classes de filtration de l'air

Cette page sert deux lecteurs : celui qui doit comprendre ce qu'une classe d'efficacité mesure réellement, et celui qui tient une plaque signalétique portant une classe qu'il ne retrouve plus nulle part.

Les quatre groupes d'efficacité

Groupes d'efficacité de la norme ISO 16890-1:2016
GroupeEfficacité minimale exigéeCe que le groupe mesure
ISO CoarseFiltre grossier : moins de la moitié de la fraction PM10 est retenue. Il se caractérise par son taux d'arrêt gravimétrique, pas par une efficacité ePM.
ePM1050 %Retient au moins la moitié des particules de diamètre inférieur ou égal à 10 micromètres.
ePM2,550 %Retient au moins la moitié des particules de diamètre inférieur ou égal à 2,5 micromètres.
ePM150 %Retient au moins la moitié des particules de diamètre inférieur ou égal à 1 micromètre — la fraction qui pénètre le plus profondément dans l'appareil respiratoire.

Le classement s'exprime par pas de 5 %, de 50 % à 95 % : une efficacité intermédiaire n'est pas une classe.

Ce que la classification mesure

La norme en vigueur ne classe pas les filtres sur un seul aérosol d’essai : elle les classe sur leur efficacité à retenir des fractions de matière particulaire réelles, celles que l’on mesure dans l’air ambiant et que la littérature sanitaire emploie. Chaque groupe désigne une fraction, et l’efficacité annoncée porte sur cette fraction-là.

Un point de méthode décide de tout le reste, et c’est celui qu’on oublie le plus souvent : l’essai se fait après décharge électrostatique du média. Beaucoup de médias synthétiques doivent une part importante de leur efficacité initiale à une charge électrostatique, qui se dissipe en service — au contact de l’humidité, des poussières fines, des aérosols huileux. Mesurer après décharge, c’est donc mesurer ce que le filtre fera dans la durée plutôt que ce qu’il fait le premier jour.

C’est aussi la raison pour laquelle une classe de l’ancienne norme ne se convertit pas en classe actuelle : les deux ne mesurent pas la même chose, et la seconde retire délibérément un effet dont la première tirait parti.

Comment lire le tableau ci-dessus

Trois lectures, dans cet ordre.

Le groupe dit quelle fraction de particules est visée. Plus la fraction visée est fine, plus l’exigence porte sur des particules qui pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire.

Le pourcentage est une efficacité minimale exigée sur cette fraction, pas une performance nominale. Un élément annoncé à ce seuil fait au moins cela ; il peut faire mieux, et la fiche du fabricant le dit.

Le classement par paliers enfin : l’échelle n’est pas continue. Une efficacité intermédiaire entre deux paliers ne constitue pas une classe, et un fabricant qui l’annoncerait comme telle décrirait sa mesure, pas son classement.

Une chose que le tableau ne dit pas, et qu’il faut énoncer : un filtre grossier n’est pas un mauvais filtre. C’est un filtre pour un autre étage. Placé en tête d’un train de filtration, il retient la charge qui aurait raccourci la vie de l’étage fin, et c’est précisément son travail. Juger une classe hors de son étage n’a pas de sens.

Je tiens une plaque portant une classe que je ne retrouve pas

C’est le cas le plus fréquent, et il a une réponse honnête.

La norme qui portait ces classes est retirée. Elle ne classe plus aucun filtre neuf, et les fabricants ne publient plus de produits sous ses désignations. Un élément installé il y a dix ans porte donc légitimement une classe qui n’existe plus au catalogue.

Le tableau de correspondance historique en bas de cette page vous permet de situer cette classe par rapport aux groupes actuels. Lisez la réserve qui l’accompagne : ce n’est pas une conversion. Ce n’est pas non plus une base de commande. C’est une orientation de dialogue, destinée à ce que nous parlions du même ordre de grandeur en attendant la seule réponse juste — une requalification sur votre procédé.

Concrètement, pour remplacer un élément portant une classe de l’ancienne norme, ce qui compte est : l’étage auquel il se trouve, la qualité d’air attendue en sortie, les cotes du cadre, et le débit par élément. La classe inscrite sur la plaque est un indice, pas une spécification.

Ce que cette page ne dit pas

Elle ne donne pas la classe qu’il faut pour un procédé donné, et aucune page de site ne peut le faire honnêtement. Ce choix dépend de la qualité d’air visée, de celle disponible en entrée, de l’étagement déjà en place, de la perte de charge que la centrale peut encaisser et de la fréquence de remplacement acceptable. Deux installations voisines sur un même site n’appellent pas la même classe.

Elle ne donne pas non plus d’équivalence entre fabricants : deux éléments annoncés dans le même groupe peuvent différer par leur surface filtrante, leur perte de charge initiale et leur durée de service, qui sont les grandeurs que l’on paie réellement.

Correspondance historique, à titre indicatif

Établie entre EN 779:2012, retirée, et ISO 16890-1:2016, en vigueur. La norme retirée ne classe plus aucun filtre neuf : cette table sert à lire un ancien document, jamais à choisir un élément.

Orientation de dialogue seulement. L'ancienne norme est retirée et ses classes ne sont pas convertibles : seule une requalification sur le procédé donne la classe ISO 16890 juste.

Classes de EN 779:2012 et orientation indicative vers ISO 16890-1:2016
Classe de l'ancienne normeOrientation de dialogue
G1ISO Coarse
G2ISO Coarse
G3ISO Coarse
G4ISO Coarse
M5ePM10
M6ePM10
F7ePM1
F8ePM1
F9ePM1

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